Tuesday, February 27, 2007

Separation

Maintenant que les élections provinciales ont été officiellement annoncées, ce serait peut-être un bon moment pour poser des questions aux souverainistes et de les faire réfléchir au sujet de leurs idées par rapport aux questions sociales que le Québec a eu à affronter depuis les dernières élections. Peu importe le choix du peuple lorsqu’il choisira son prochain chef, les souverainistes vont-ils prendre leurs décisions en considérant les meilleurs intérêts du peuple ou vont-ils chercher la tape sur l’épaule et le bec sur la joue que représente la notion de souveraineté? Au cours des dernières décennies, nous avons connu des souverainistes qui croient sincèrement que, du jour au lendemain, une victoire en faveur du côté du « OUI », les hôpitaux seraient sans files d’attente, les nids-de-poule se remplieraient d’eux-mêmes et que les motards cesseraient de se battre entre-eux et porteraient toute leur attention sur le développement de l’énergie éolienne et qu’ils contribueraient aussi a l’effort d’OXFAM. Le Québec souverain serait un tel paradis que des billets de 50 dollars québécois à l’effigie de René Lévesque pousseraient sur chaque arbre dans le « pays ».

Au moment de se présenter aux urnes, savoir qui est un vrai Québécois devient une grande question. La manière dont on se voit est toujours différente de celle dont les autres nous perçoivent, c’est donc le temps de bien examiner les trois types de souverainistes et essayer de les faire réfléchir sur l’impact qu’à leur vote sur la direction que prendra le Québec.

Type 1 – La première mentalité séparatiste est celle du profiteur. Dans l’éventualité où le Québec devienne souverain, ce nouveau pays, tout en cherchant à se stabiliser, connaîtrait bien des difficultés économiques. Durant le temps nécessaire pour qu’un gouvernement indépendant se développe, plusieurs politiciens auront déjà profité des nouvelles circonstances. Prenons André Boisclair comme exemple. Après avoir terminé ces études dans une université américaine, la prochaine étape devait vraisemblablement être une grosse boîte de consultation à Toronto. Il me semble que si le Canada est vraiment le pays le plus insupportable où vivre, pourquoi donc est-ce que le chef du parti souverainiste était-il prêt à commencer une nouvelle vie dans sa plus grosse métropole ?

La raison en est simple. André Boisclair n’est pas un souverainiste, c’est un homme d’affaires, il poursuivra donc les solutions qui accommodent au mieux ses intérêts personnels. La question de culture n’est pas aussi importante lorsqu’on vise le bottom line. M. Boisclair se trouve dans la situation où il deviendra peut-être devenir le premier président du pays de Québec. Mais, même si un troisième referendum ne conduisait pas à l’indépendance, M. Boisclair resterait quand même chef de sa propre province. En d’autres termes, sa place est faite! Après leur mandat en tant que chef d’état, les anciens politiciens se retrouvent rarement sans offres intéressantes à la fin de leur carrière.

Un autre exemple de personnes qui trouveraient leur bénéfice dans un Québec indépendant est celui des petits manufacturiers. Dans l’éventualité où le Québec se sépare, l’économie s’écraserait et les exportateurs bénéficieraient d’investissements venant de l’étranger et de nouveaux clients en provenance des États-Unis. Mais, si demain, pour n’importe quelle raison, le dollar canadien perdait 40 cents de sa valeur, ces mêmes personnes redeviendraient fédéralistes en un clin d’œil.

Type 2 – Le deuxième type de souverainiste est une personne à la recherche d’un sens à sa vie. C’est quelqu’un qui peut avoir une bonne éducation et occuper un bon emploi mais le manque d’identité propre et d’un objectif personnel à donner à leur vie les amène à adopter les idéaux séparatistes. En adoptant cette position, ces personnes se trouvent à se battre pour une forme de reconnaissance. Malgré le rôle important qu’elles jouent auprès de leur famille ou de leur employeur, elles ne savent pas où d’autre investir leurs idées et leurs énergies.

La mentalité du Type 2 se rencontre aussi chez les étudiants de niveau collégial et universitaire. Jeunes, idéalistes et naïfs, ainsi que manquant un peu d’un sens de direction personnelle, les étudiants québécois sont comme plusieurs autres étudiants dans le monde : ils rêvent d’une société parfaite et sans injustice. Naturellement, quand un jeune idéaliste est approché avec l’idée d’un Québec souverain qui serait capable de guérir toutes les blessures et représenter les valeurs de la justice sociale en tout temps, la séduction est grande. Ceci explique pourquoi le PQ s’investi aussi intensément pour obtenir le vote étudiant.

Mais, éventuellement, quand ces jeunes idéalistes auront terminé leurs études avec des diplômes en économie, en commerce international et en droit sous le bras, ils s’apercevront du manque de bon sens et de faisabilité du mouvement souverainiste.

Type 3 – Le vote du Type 3 est le plus facile à obtenir pour le PQ. Les personnes de Type 3 partagent avec celles du Type 2 le même malaise par rapport à un manque d’identité personnelle mais ce sentiment est recouvert sous des couches de nationalisme et, de manière plus ou moins ouverte et à des degrés divers, sous le racisme et la xénophobie. Le meilleur exemple du Type 3 serait les Cow-boys Fringants. Tout à fait fier de leur point de vue socialiste, tel que lu dans les paroles de leurs chansons et entendu dans les entrevues auxquelles ils participent, les Cow-boys se perçoivent sincèrement comme les champions de la justice sociale. Mais, comme pour une grande majorité du mouvement souverainiste, leur côté nationaliste fait éventuellement surface.

Dans leur chanson Toune d’automne, ils chantent qu’ils seraient “ébranlés” si leur petite sœur devait revenir de ses voyages au Canada anglais avec un chum de l’Alberta. En concert, les Cow-boys remplacent de temps en temps le mot Alberta par fédéraliste. Bien entendu, la foule chante joyeusement avec le groupe tout en se réjouissant de leur dédain pour le Canada anglais. Que se passerait-il si les Cow-boys disait être ‘un peu ébranlé’ si leur petite sœur revenait de voyage avec un petit ami d’Afrique ou du Mexique ? Ces deux communautés n’auraient jamais toléré l’ignorance de telles paroles vis-à-vis de leur communauté.

Un autre point faible du mouvement séparatiste que les Cow-boys nous font voir, est qu’il y a peu à protéger dans la culture québécoise. On a qu’à prendre le temps d’examiner les paroles de n’importe quel album du groupe et à lire un texte qui est écrit en n’importe quoi, sauf en français. C’est purement et simplement du joual. Un joual vulgairement farci d’anglicismes. Et c’est ça la culture Franco-Québécoise que les Cow-boys implorent leurs fans de sauvegarder?

Malheureusement, il semble que les personnes du Type 3 considèrent qu’être Québécois consiste à déguster des hot dogs à 39 cents chez Valentine, faire des courses de vitesse avec des vieux LeBaron rouillés en criant « Vive le Québec libre! » et en levant une bouteille de Labatt 50 en l’air.

Mais, si cela permet à au moins quelque uns de se questionner sur leurs positions et vraiment se demander qu’est-ce qu’il retirerait de l’indépendance, on aurait certainement plus d’espoir vis-à-vis des résultats de cette prochaine élection.

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